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Un Baiser pour ne pas tomber
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Via Celestino
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Felix fêlé d’éclats

FICTIONS CHORÉGRAPHIQUES


Une exposition de Danielle Bertotto.
Vernissage le jeudi 11 mai à 19h30 au cinéma les Variétés. Après les expositions arts plastiques, vidéos & installations Regards en 2002, le corps en 2003, l’intime en 2004, le festival Reflets accueille aujourd’hui les Fictions chorégraphiques de l’artiste vidéaste Danielle Bertotto : Félix fêlé d’éclats, Via Celestino et Un baiser pour ne pas tomber.

« S’il est vrai que mon travail ne se fait pas directement sur les thématiques lesbiennes, gays, bi ou trans, je suis ravie d’avoir été choisie par le Festival Reflets. Je m’en sens très proche et en voici une des raisons :
En effet, lorsqu’on me posait les questions : " mais vous allez continuer à faire des films comme ça, avec la danse ? Pourquoi ne faites-vous pas des films ... normaux ?... avec de vrais dialogues, etc... ? " Souvent en riant, je répondais : "oui, je vais continuer comme ça, avec la danse. C’est un peu particulier, mais je crois que ces films-là me ressemblent". Pour autant, je ne savais pas pourquoi. Je me disais : " c’est comme ça ! " Puis je me suis posé vraiment la question : " mais qu’est-ce qui peut bien me motiver à faire des films comme ça ? "

Aujourd’hui, même si je n’en sais pas plus. Je suis sûre tout de même, d’une réponse : J’ai choisi délibérément de travailler sans le verbe, en explorant la matière du corps, entre danse et image, parce que ce choix me permet - ou j’ose le croire- d’échapper à certaines codifications tant du langage textuel ou oral qu’à celui de la danse et de l’image. Cela me permet d’aller " voir " autrement pour y développer et faire partager une " différence ". La quête de cette différence n’est pas innocente.

Et puis, entre le cognitif et le sensitif, il y a des champs entiers à traverser. Si l’on pense que tout être humain qui naît se pose inévitablement la question de son identité. Que les premières réponses lui viennent du corps, de son corps, puis du corps de l’autre, puis des autres. Alors, je poursuis et poursuivrai cette quête. C’est au " regard " de ce qui m’entoure que je replace mon " identité ". Et ma différence alors, n’est pas innocente. C’est dans la volonté de faire connaître, mieux partager et faire respecter les “différences vivantes” que nous sommes, que je participe au Festival Reflets.

Et pour le paraphraser : je tente de faire aujourd’hui des films « autrement » pour m’aider à penser ce que peut être " demain ". Mon travail artistique en est le " reflet ".

Quelques notes sur la démarche. « Interroger le corps, en faire sa matière première d’expression et de réflexion oblige à revenir au sens et sensations premières de toute vie. C’est le cœur même de mon travail. Comment penser à partir de là et avec ça ?
J’aime confronter cette vérité entre un art directement lié au corps, la danse, et un art plus proche de l’industrie ou de la technologie, le film. Cette confrontation semble créer une expression typique au lieu et à l’instant même de cette rencontre, tout en se modifiant au contact de l’une et l’autre sans pour cela dénaturer son expression d’origine.
Ce qui m’intéresse c’est la mise en commun de deux imaginaires provoqués par la danse, le corps en mouvement et par l’image avec son propre mouvement (caméra et montage).
Ce que je cherche :
Ne pas faire une image de danse ou sur la danse, mais faire une image qui danse. Ne pas seulement voir mais percevoir, voir à travers ou en traverses et en faire un outil de connaissance, une manière de sa-voir. Explorer l’expression de nos sens, pour en redéfinir un sens. »

Danielle Bertotto, Marseille, avril 2006