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>IN / TIME< : Photographies

Après les expositions arts plastiques, vidéos & installations "regards" 2002 & "le corps" 2003, l'édition 2004 accueille des œuvres photographiques sur le thème de "l'intime" : un regard vers d'autres imaginaires, vers d'autres façons d'être & de vivre.

 
         
 
Laurence Chanfreau : "floo" photographies

Vit entre Marseille et Paris.

Cette artiste et photographe a comme terrain de prédilection, depuis 1995, la sexualité et sa représentation d'un point de vue corrosif et dénonciateur. Elle nous livre là, par une série d'autoportraits, une autre facette de son intimité où la poésie et la tendresse poussent un cri et se débattent au sein de ce monde.
     
Images du corps décliné en de multiples mouvements fluides et délicats offert à notre perception. Notre vision sollicitée de ci de là en différents points d'attraction et retraits.
Silence, cri, douceur, violence, caresse, toucher, texture. Un corps, un espace, un instant, nous offrent l'intime révélé d'une femme entre le visible et le secret.
     
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Patrice Guitard : "Choses rien que pour moi & moi rien que pour toi": installation photographies - poésie - collages
   
     
Plasticien, photographe, peintre, acteur, danseur.
Vit et travaille "un peu partout dans le monde" Toulouse, Marseille, Paris, New-York...

"Quoi dire? J'ai collé, frappé de mots, cousu ces images après une année passée à la campagne, lorsque je suis revenu en ville, à Paris. Une année de convalescence où malgré des allers-retours ferroviaires, le corps, tout mon corps ne trouvait pas les forces pour vivre ses désirs physiques. J'ai
alors, instinctif, cherché les sources dans toutes les natures vivantes ou mortes qui ont croisées mes objectifs, sans souci de leur qualité rémanente. Cette absorption prouvait son existence ambiguë dans le particulier,l'assembleur d'orgasmes,

   
île-moi & mon inspiration engagée, tendue vers île-lui qui me perçoit au travers de ses propres gestes & l'instance d'un inconscient collectif (Le rêve baroque). Il n'était pas question alors d'exposer à d'autres regards extérieurs que les miens, intérieurs, intimes, ces conversations lunaires, diurnes & nocturnes, lesquelles avaient laissé surgir cette nécessité d'aimer & d'être aimer, furtive si ce n'est fugitive.
Eternelle. Romantique.
Une chose est sûre dans la vie, c'est que j'aime être ensorcelé.
L'enchantement par l'Inconnu (celui qui tenaillera mes barbelés..., mes coutures d'acier...), l'indicible dans la rencontre avec l'Autre. Que la relation que nous explorons à l'air libre soit, oui soit, sous le charme de puissances actives, créatrices qui transgressent le monde des conventions. La tentation d'une aventure où la curiosité, le respect, la douceur aussi sur & sous la maîtresse peau deviennent innovations. Prendre des risques dans le faire & le dire du chaos-vivre de l'intimité exclusive.
Je vis dans un monde d'indices, de présences imperçues, de rencontres parfois captivantes qui me bouleversent jusqu'au délire, (Une à vrai dire : il aurait pu être choisi par Le Caravage comme modèle, O que j'attends), elles façonnent des sensations nouvelles, des émotions uniques. Je donne mon corps à l'Autre pour susciter ces perceptions du réel & de l'irréel.
L'œil, logé, a dû regarder les évidences de cet univers sémiotique puis l'esprit s'est saisi d'intériorité subjective pour s'opposer au prosaïsme du fini. Avec le rien, le rien lui-même, sa continuité a laissé des traces. C'est par là-même que les photographies trahissent mes secrets, discrets ou hurlants pour affronter la maîtrise symbolique de l'absence, de l'Absent, & forger l'intuition de mes sens.
A naître dans mon intime avenir... " Patrice Guitard
   
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Hervé Joseph Lebrun : "albrecht becker" photographies
Photographe, réalisateur, vit et travaille à Paris.

"Ces oeuvres sont des photographies intrusives, elles sont de l'ordre du très intime. Ce travail est un témoignage, il est là pour défendre et secourir la cause homosexuelle : ne pas passer sous silence que les homosexuels et les lesbiennes ont été persécutés par les nazis et déportés.
Albrecht Becker (1906-2002) a vécu le 20ème siècle et il avait ce siècle gravé en lui." Hervé Joseph Lebrun

                     
                     
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  "…Hervé Joseph Lebrun. Architecte de formation, explore le corps d'un Allemand nonagénaire adepte du body art et de l'automutilation: Albrecht Becker. Condamné en 1935 à trois ans d'emprisonnement pour ses relations homosexuelles, Albrecht Becker découvre le sadomasochisme en prison. C'est durant un hiver passé sur le front Est qu'il s'applique son premier tatouage. Parcourant toutes les formes d'intervention sur son corps, il s'injecte, depuis les années soixante-dix, de l'huile de paraffine dans les testicules et autour du pénis. Résultat: une transformation complète de son anatomie intime. Plusieurs générations séparent Albrecht Becker d'Hervé Joseph Lebrun et à première vue rien ne les réunit vraiment. Le premier est né avec le siècle, alors que le deuxième affiche une trentaine triomphante. A l'inverse du modèle, transformé par plus de 50 ans d'interventions, de tatouages et de piercings, le photographe est une “belle gueule” au corps intact.
….Il s'agit d'un reportage sur le corps de Becker, sans prise de position. le corps devient un territoire de montagnes, un paysage. Un paysage que parcourt, médusé, le visiteur. A travers la peau d'Albrecht Becker, il traverse le siècle, étouffé de douleurs, à la recherche cathartique de la liberté." Copyright Tristan Cerf Le Temps / Genève 1999

"…Hervé J. Lebrun est un photographe qui appartient à la mouvance d'un art fétichiste, art corporel, un art rebelle parce qu'il est lié à l'univers fantasque. Le mode photographique a le mérite de mêler intimement le monde magique, la part inconsciente de l'homme, avec un langage symbolique universel enrichi au cours des âges. Le corps est la mémoire de l'épopée humaine, il est le grand nostalgique des origines. De l'art pariétal des grottes (les mains à Lascau) à l'homme robotisé de Métropolis, on peut dire que le corps est "venu, qu'il a vécu, qu'il a vaincu" grâce à sa mémoire sensorielle, l'instinct de survie et il est également dépendant de l'actualité politico-économique. Le corps est au centre de l'ultime débat, le présent en devenir. Cet instinct intellectif est l'arme essentielle de l'existence humaine au quotidien. Le corps humain est le paradoxe, il est le lieu de combat où se disputent les montres et les anges…." Copyright Marie-Claire Cordat Pezner 1999

 
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